mardi 1 octobre 2013

L’apprentissage à vie, facteur clé de l’émulation de la condition humaine


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Il existe de nombreux moyens de modifier ou de changer la condition humaine tant celle des jeunes que celle des personnes d’âge mûr ou des Seniors, dans toutes les parties du monde entier. Cela passe nécessairement par la formation et l’apprentissage TOUT AU LONG DE LA VIE.
C’est le cheminement que nous ont légué nos ancêtres homo sapiens et leurs contemporains, et qui persiste plus que jamais chez l’homme du XXIe siècle pour assurer sa survie et progresser sur le plan personnel, culturel, scientifique et technique, d’une génération à une autre.
 
Les apprentissages avant-gardistes dans l’enfance  moderne

Mais ce processus débute véritablement chez l’enfant, comme le fait valoir justement Jacques Lévine[1] :

"Le développement intellectuel d'un enfant nécessite l'acquisition, à parts égales de trois objets du savoir, constitutifs de la culture, dont l'école doit tenir compte : l'acquisition des savoirs officiels, le savoir identitaire permettant la construction du Moi, et un troisième "vouloir savoir" sur la Condition Humaine et les problèmes de relations entre humains auxquels chacun doit constamment faire face"

« C'est ce temps de co-réflexion, dans un espace "hors menace", que nous proposons aux enfants dans le cadre des Ateliers de Philosophie AGSAS- Lévine. Ce rapport aussi direct que possible au savoir de type universel, est un des facteurs les plus modificateurs, et grâce à un nouveau statut social d'"interlocuteurs valables" capables d'une pensée élargie sur la condition humaine, permet aux élèves les plus en difficulté scolairement, de former une nouvelle image de soi et, pour certains, un "sentiment de plus-value" ignoré jusqu'ici. »

PHILOSOPHER EN CLASSE POUR LUTTER CONTRE LE DÉFICIT D'APPORTANCE ET LE SENTIMENT DE "MOINS-VALUE" GÉNÉRALISÉS

Dans le livre « L'Enfant philosophe, avenir de l'humanité », les auteurs font une analyse assez éclairante du contexte actuel :

"Nous pouvons décrire notre époque comme celle de l'homme insatisfait de sa vie, ayant un passé insuffisamment étayant et un avenir insuffisamment motivant, dans une société en perte de parenté symbolique, d'"accompagnants régulateurs" fiables, rôles tenus jusqu'à présent par les responsables politiques et moraux.

Ce qui provoque chez certains un "déficit d'apportance", accompagné d'un sentiment de "moins-value", et l'idée d'une place aléatoire, non gratifiante, qui peut constamment être remise en question. Au contraire, la recherche de leur raison d'être en entraîne d'autres à avoir recours à des conduites de domination verbales et physiques pour se donner l'illusion du pouvoir. L'une des questions les plus importantes est : la pensée a-t-elle définitivement perdu la bataille qu'elle doit livrer contre le corps primaire ?

Ce qui rend optimiste, c'est le spectacle d'une grande majorité d'enfants capables de lucidité, d'intelligence et de débrouillardise encourageantes. C'est ce que nous constatons dans les Ateliers de Philosophie. Grâce au travail de modification du regard sur la vie qui s'y effectue, l'enfant peut passer d'une notion de lui-même où il ne trouve pas la complétude identitaire dont il a besoin, à un statut qui l'invite à retrouver le sens du corps civilisé.

Parce que la philosophie représente un recours, un espoir de sagesse dans une période de déraison, elle permet une prise de distance. Elle donne du Moi une image qui ne se réduit pas au Moi-Moi. Elle l'inscrit dans la vie collective et dans ce qui transcende la collectivité. En même temps, elle replace le monde des idées au premier plan. Le fait d'entrer dans le monde de la spéculation sur les grands problèmes de la vie est modificateur de l'identité, de l'image de soi et de la relation au monde. »

Selon nous, cette façon de voir s’applique tout au long de la vie.

 

Processus de formation et apprentissage tout au long de la vie


« L’apprentissage tout au long de la vie (lifelong learning) est appelé à jouer un rôle central dans les nouvelles politiques de formation : il participe au « nouvel ordre éducatif » que connaissent les sociétés de l’information et de la connaissance, dans lesquelles il est de plus en plus essentiel d’« apprendre à apprendre »[2]. L’approche théorique de la notion d’apprentissage tout au long de la vie conduit à remettre en cause les conceptions institutionnelles de l’apprentissage, en réintégrant celui-ci dans le cadre du « parcours de vie » et des contextes socio-économiques et en prenant en compte la variété des types (formels, informels, non-formels) et des environnements d’apprentissage, la contextualité et la réflexivité des apprenants. L’apprentissage tout au long de la vie introduit un véritable changement de paradigme : sur un plan analytique, il requiert des sciences de l’éducation qu’elles développent une théorie biographique de l’apprentissage et de la formation ; sur un plan institutionnel et pratique, il met au défi les institutions de formation de répondre à un nouvel ordre du savoir et de l’apprendre, dans lequel elles auraient à développer leurs propres capacités de réflexivité et d’apprentissage. »[3]
RD

[2] Peter Alheit et Bettina Dausien, «Educational processes and lifelong learning », http://osp.revues.org/index563.html


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