Le retour dans le temps est nécessaire pour bien saisir la portée des millénaires qu'il a fallu au Genre humain pour survivre aux conditions extrêmes liées à l'environnement, au climat, à la défense face aux ennemis naturels et même aux autres humains existants,... C'est ce qui nous amène à retracer à grands traits les premiers pas du Genre Humain et les efforts que nos ancêtres ont du faire pour simplement rester en vie. En bref, il s'agit de s'interroger sur les éléments suivants :
- Depuis quand peut-on parler de « condition
humaine » ?
- À quand remonte l’origine de l'homme moderne ?
- La Préhistoire et les conditions de
survie ?
- Le début de la civilisation humaine ?
L’origine des hommes
Depuis
Darwin et la publication de son ouvrage « De l’origine des espèces » au XIXe
siècle, les scientifiques reconnaissent un lien de parenté étroit entre l‘homme
et tout ce qui est vivant sur cette Planète. Les dernières lectures d’ADN et
leurs interprétations nous ont récemment démontré un cousinage étroit avec les
grands Singes ou les Primates, tels les Chimpanzés, les Bonobos, les Gorilles
et les Orangs-Outans. Ce qui n’est pas peu dire.
Si
l’on recule plus loin dans le temps, les vestiges découverts par les
archéologues et les archéo-anthropologues nous montrent qu’avant l’Homo Sapiens
d’aujourd’hui, il y a eu plusieurs lignées d’hommes plus ou moins primitifs,
avec une origine commune à la nôtre qui ont évolué sur des millions d’années pour
finalement s’éteindre. Sauf évidemment celle des primates, dont fait partie la
branche de l’Homo Sapiens, l’homme moderne dont nous faisons intégralement
partie, sans égard à des distinctions de race ou quelle que soit notre
couleur de peau.
Dans
les faits, l'évolution[1]
de l'homme est assez souvent comparée visuellement à un buisson : plus on
s'éloigne dans le temps, plus le nombre d'individus diminue. (Les fossiles
anciens sont plus rares et difficiles à trouver). Plusieurs espèces d'hommes
ont existé, parfois simultanément, sans qu'on puisse établir une filiation
claire de l'une à l'autre. Certaines ont disparus sans laisser de descendants,
d'autres ont fourni des populations qui ont évolué de façon autonome et acquis
des particularités telles qu'elles ont été rangées dans une nouvelle espèce. Le
problème principal qui se pose au paléoanthropologue concerne la définition
même de l'espèce qui repose, pour les êtres actuels, sur le critère
d'interfécondité. Comment savoir si deux populations ont pu se rencontrer, si
elles ont pu se reproduire et donner naissance à des individus eux-mêmes
féconds? La question s'est surtout posée pour l’Homo Sapiens et l’Homo Néanderthalensis.
En
effet, les derniers néandertaliens ont été les contemporains de l'homme
moderne. Certains auteurs ont pensé qu'ils avaient pu se métisser: dans ce cas,
H. sapiens et H. neanderthalensis auraient fait partie de la même espèce. Fait
nouveau et drôlement pertinent, des analyses génétiques publiées en 2010
témoignent de mélanges entre les derniers Néandertaliens et des Homo Sapiens
venus d'Afrique, de sorte que les Européens et les Asiatiques actuels auraient
1 à 4 % de gènes qui leur viendraient de l'homme de Néanderthal.
Cette
nouvelle vient infirmer les données connues de la génétique reposant sur
l'analyse de l'ADN mitochondrial qui semblaient montrer qu'il n'y a pas eu de
métissage, donc qu'il s'agissait bien de deux espèces non interfécondes.
Dans
l'état présent de nos connaissances, il est possible d'établir un tableau
chronologique de l'apparition et de la durée de chaque espèce d'Homo. Pour ce
qui est de la filiation de l'une à l'autre, c'est une autre histoire... Mais,
ce qui est certain, c’est le fait que l’homme moderne apparaît dans les toutes
dernières minutes de l’évolution de la vie sur terre.
Les hommes
modernes (Homo Sapiens)
(Europe,
Afrique, Asie, Océanie et finalement Amériques.)
De Néanderthal
à Cro-Magnon (200.000 BP) Before Present Time
Notre
ancêtre incontestable remonte à « seulement » quelques centaines de milliers
d'années. Il n'a pas grand-chose à voir avec cette chère Lucy, née il y a 3
millions d'années en Afrique et dont les ossements ont été découverts par
Donald Johanson et Maurice Taïeb en 1974. Il se distingue aussi de l'homme de Néanderthal,
apparu il y a 300.000 à 400.000 ans en Eurasie.
Cet
ancêtre direct a été baptisé de façon quelque peu prétentieuse Homo Sapiens
(l'homme qui pense !). Dans sa version européenne, on l'appelle aussi homme de
Cro-Magnon, d'après le nom d'une grotte de la Dordogne où ses restes ont été
retrouvés.
En
fait, l'arrivée en Europe de l'Homme moderne (Homo Sapiens) se situe vers -40
000 - 30 000 ans; il aurait profité d'une amélioration temporaire du climat. Les
comparaisons entre différentes populations humaines actuelles des séquences de
l'ADN mitochondrial et du chromosome Y suggèrent fortement que tous les humains
actuels ont une origine commune située en Afrique. Le plus ancien Homo Sapiens
connu jusqu'à présent a été découvert dans le gisement d'Omo Kibish (Ethiopie)
daté à -195 000 ans. Il aurait migré
largement pour finalement occuper tous les continents. Son représentant
européen le plus connu est l'Homme de Cro-Magnon. En plus du travail de l'os et
du bois, son industrie lithique caractéristique du Paléolithique supérieur est
basée sur la production d'éclats allongés, lames et lamelles, qui servent de
base à la réalisation d'un outillage spécialisé : grattoirs, burins, pointes de
projectiles... Par la suite ses techniques se sont perfectionnées encore et
diversifiées: pierre polie (Néolithique), métaux...
En
bref, la condition humaine des premiers véritables humains se résumait alors à
des conditions de vie extrêmement précaires toutes axées sur la lutte pour la survie
de l’espèce. L’environnement terrestre était hostile; tout était à découvrir et
à maîtriser. L’espérance de vie de ces premiers hommes était de courte durée
(environ 25 ans, dans de bonnes conditions) et les mortalités fréquentes, à tous
les âges de la vie.
RD
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